La flore de l'ile de la Réunion

Le maïs

Le maïs, une plante connue, mais qui a sa fête à la Réunion, elle se déroule à la Saline, découvrons cette plante ici. ZIVOI.COM y a aussi consacré son actualité des iles du 10 septembre 2005

Cette plante est connue de tous depuis une éternité. Il est excellent pour la santé, et se consomme de plus en plus de nos jours en épi ou surtout en grains. Cette céréale a commencé à être cultivée en Mésoamérique, il y a environ 7000 ans. Son nom vient du taino, langue des Arawaks d’Haïti : makis transmis à l’Europe par l’espagnol maiz. Des fouilles archéologiques, menées dans les grottes de Tehuacan au Mexique, ont permis de découvrir des épis de maïs datant de 5000 ans avant notre ère. Le maïs était l’aliment de base de beaucoup de peuples précolombiens du continent américain. On compte aujourd’hui 219 espèces comprenant chacune plusieurs dizaines ou centaines de variétés.

Le Métropolitain appréciera un épi de maïs grillé ou bouilli dans notre île. On mettait aussi autrefois, des épis sous la cendre afin de les griller. Puis on les saupoudrait d’un peu de sel. Mais les grains de maïs sont broyés à l’aide d’un moulin fait de deux meules de pierres. Selon la grosseur du maïs, la semoule est cuite soit en « sosso » (sorte de polenta), soit comme le riz, comme base alimentaire. On dira un « gazon de riz », un « gazon de maïs ».

C’est une plante annuelle : le maïs présente des organes végétatifs très développés. La tige creuse, de 1 mètre de hauteur généralement unique, a un diamètre de 3 à 4 cm. Bien que faisant partie des céréales, sa composition est proche de celle des légumes frais. Il est riche en fibres, en protéines, en minéraux (dont le magnésium) et en vitamines, B9 notamment.

Dans les temps anciens, à la maturation de la céréale, on célébrait sa déesse appelée « la mère aux longs cheveux ». Sa culture remonte semble-t-il à 3000 ans avant J.C. Les Anasazis, ancêtres des Hopis en cultivaient des champs entiers, dix siècles avant notre ère et pétrissaient le Taco, biscuit de farine de maïs que les Mexicains mangent toujours encore de nos jours, cuit à la pierre et roulé en cigare. C’est curieux !!

Chez les Aztèques, cette céréale a aussi une origine divine : pour eux c’est le dieu Quetzalcoatl qui se transforma en fourmi pour aller chercher le grain caché dans une grotte et l’apporter aux hommes.

Il fut découvert en Amérique par Christophe Colomb. C’est le 5 novembre 1492 dans son journal qu’on peut lire ceci : « Il y avait là de grandes terres cultivées avec des racines, une sorte de fève et une sorte de blé appelé « maïse » qui est très savoureux cuit au four ou bien séché et réduit en farine ». Il fut introduit en Europe par Cortès. Sa culture est signalée dans le Béarn à la fin du XVI ème siècle et s’est développée au XVII ème dans le Languedoc, la Vallée du Rhône, la Bresse et l’Alsace.

Le maïs fut une plante très cultivée dans notre île autrefois. Il servait de nourriture aux esclaves, aux animaux… La plante étant fragile, et non résistante aux cyclones, les petits cultivateurs la plante peu de nos jours, dans leurs petites parcelles. Quand ils pensent que d’un coup leurs efforts peuvent être anéantis à cause d’un cyclone qui couche toute leur production, ils ont plus ou moins abandonné les grosses cultures de cette céréale. Les petits cultivateurs des hauts de l’île ont souvent recours aux plantes comme remède médicinal. C’est ainsi qu’ils emploient les stigmates de maïs en décoction ou infusion comme tisane diurétique. Tout réunionnais, cultivateur, connaîtra les vertus de la barbe de maïs (stigmates).

De 1967 à 1981 on note un développement spectaculaire de la production mondiale du maïs, qui passe de 272 à 407 millions de tonnes. Ainsi, en 15 ans le maïs s’impose sur le marché international des céréales avec un total mondial de 473,5 millions de tonnes en 1991. Les principaux producteurs sont les USA, la Chine, le Mexique, la France et l’ex URSS.

Autrefois, en Europe on confectionnait des miques (boulettes pour remplacer le pain), des cruchades (galettes frites), des rimotes (bouillie sucrée) ou le milassou (gâteau à base de farine de maïs, de jaune d’œuf et de sucre avec des raisins gonflés à l’eau de vie).

Dans toute l’Amérique précolombienne, et de nos jours encore dans les communautés indigènes, le maïs représente beaucoup plus qu’un banal aliment : il est doté d’une valeur symbolique rituelle. On l’offre aux ancêtres et aux divinités telluriques ou cosmiques. Les indiens fabriquent une bière de maïs (tesguïno en mexicain, suwike en tarahumara) boisson de fête par excellence considérée comme don des dieux.

Une superstition veut que le maltais ne le plante que l’estomac plein tandis que seuls les malgaches à la dentition parfaite et régulière pouvaient le semer. Autrement il y aurait dans l’épi de maïs des vides qui correspondent à ceux de la dentition du planteur. Vous en consentirez je pense, c'est pour le moins marrant non ??

Tous droits réservés: Chantal Leperlier du réseau de sites de l'Océan Indien: ZIVOI.COM

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