Traditions, coutumes et patrimoine réunionnais

Le Séga

La musique locale, la musique de la Réunion est caractérisée par des styles aux origines très variées, détails sur le séga avec Chantal Leperlier pour le réseau Zivoi.com

...Créoles y rigole
à cause zot y embrouille le pas.
Viens danser l'séga
Avec nous mon p'tit femme zoreille
Viens n'a montr' a ou
Séga l'est kalou...
Un p'tit ter à ter
Va voir çà l'est facile à faire...

Le séga est d'origine africaine. Bernardin de Saint-Pierre, le romancier qui écrivit Paul et Virginie, nous dit dans son livre que les esclaves noirs s'exerçaient dans l'art de la pantomime, « premier langage de l'homme » et que les enfants blancs les imitaient.
On dit aussi que les filles madécasses soit malgaches, dansaient au son du bobre et d'une calebasse remplie de pois (1773).
Les instruments étaient fabriqués, et jusqu'à ce jour, ils sont propres à cette région. Le bobre est une sorte d'arc musical, et pour la calebasse, les graines de pois dans celle-ci donnaient à la musique un certain rythme.

Dumont d'Urville au début du 19ème siècle écrivait dans son « Voyage autour du Monde » ce qu'il vit à Maurice. Il relate que dans un coin, une bande d'esclaves s'était regroupée en rond et quelqu'un disait au sujet de cette danse quec'était une chéga, une danse du Mozambique. Là un vieux cafre lui plaça entre ses jambes une espèce de tambour sur lequel il frappait avec ses poignets. Près de ce vieux, se tenaient un second musicien qui jouait avec un singulier harmonica, et en tirait des sons aigus avec une baguette. Puis, d'un coup, six ou sept entonnèrent un chant africain, doux, traînant, mélancolique.

Un nègre et une négresse, nous raconte t-il, s'élancèrent demi-nus. Leurs premières passes furent fades. Puis peu à peu, leurs visages devinrent expressifs. C'était la première phase d'une passion...
La musique suivait cette progression, cette langueur. A un moment étant au summum quand le couple se rapprochait pour se toucher, ce fut une profonde ivresse dans la foule d'esclaves spectateurs.
Si autrefois les cafres dansaient le séga, la nuit tombée au bord de la mer, comme cela se fait encore à l'île Maurice, le dimanche et les jours de fête, cette coutume s'est un peu perdue à la Réunion, à une époque, car l'administration avait interdit dans l'île cette danse de séduction.

Les réunionnais dansent encore un vague séga de salon. Il faut dire que cette danse a évolué.
Autrefois, les femmes portaient des jupes amples, les hommes des pantalons serrés aux genoux et des chemises voyantes. L'exotisme oblige!! et ils dansaient pieds-nus.
Les femmes tournoyaient sur elles-même, en se cambrant, avec des hanches ondulantes qui provoquaient leur partenaire et ainsi, la séduction arrivait à son paroxysme. Et sitôt que le rythme s'accélérait, les danseurs se cambraient eux aussi, ils se redressaient et tout recommençait.

De nos jours, le rythme n'est plus tellement le même, mais les bons vieux ségas d'antan ont toujours beaucoup de succès.
La chanson que retiendra à la Réunion, nos touristes est bien:
Petit' fleurs fanées
Petit' fleurs aimées
Di a moin toujours
Com' c'est l'amour.

C'est un peu l'hymne de notre île intense.

Tous droits réservés: Chantal Leperlier du réseau de sites de l'Océan Indien: ZIVOI.COM

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